Portraits aux fenêtres de Fabrezan

 

DROIT DE REPRODUCTION Copyright ©Portraits2005- David Samblanet (France), Tous droits réservés. Cette oeuvre ne peut être utilisée sans le consentement écrit de son auteur. 

« Fenêtre » du latin « fenestra » signifie ouverture dans le mur qui permet à la lumière de pénétrer, et à l’air de ventiler un endroit clos ». En Grec «phanein » désigne « venir à la lumière ».

J’ai fait le portrait photographique de familles de Fabrezan, village dans le département de l’Aude(11) en région Languedoc-Roussillon, installées à la fenêtre de leur maison.

Photographier pudiquement les autres en leur demandant d’ouvrir leurs fenêtres, c’était la bonne distance, les regards éloignés me semblaient subitement très proches dans l’objectif.

Depuis maintenant huit années, les portraits aux fenêtres sont exposés dans les rues du village pendant le festival SonMiré de Fabrezan.

Dans S/Z, Roland Barthes explicite cette démarche fréquente chez les romanciers réalistes du XIXe siècle, qui consiste « non à copier le réel, mais à copier une copie (peinte) du réel », de sorte que le travail de l’écrivain présente des analogies avec celui du peintre. Le motif est alors aussi bien pictural que scriptural :

On dirait que l’énonciateur, avant de décrire, se poste à la fenêtre, non tellement pour bien voir, mais pour fonder ce qu’il voit par son cadre même : l’embrasure fait le spectacle. (p. 61)

Au fond, la fenêtre apparaît comme ce motif éminemment plastique qui permet à l’envi de modifier le décor au sein duquel évoluent les personnages et où se déroule l’action. Agissant à la fois sur la hauteur, la largeur et la profondeur, il introduit dans le traitement des lieux une série d’oppositions dynamiques.

Jean-René Valette, « Les Fenêtres – Architecture et écriture romanesque »

Un des rôles possibles de la fenêtre, hérité de la littérature chevaleresque, est de magnifier le personnage qu’elle enserre et de ce fait, de le constituer en objet d’admiration ou de désir. Selon Jean Starobinski (L’Idée de la ville, p. 179) :

La fenêtre est le cadre, à la fois proche et distant, où le désir attend l’épiphanie de son objet. C’est l’indice mystérieux qui atteste la réclusion de la demoiselle inconnue, mais aussi bien la voie d’accès qui permet d’atteindre par la voix, et, si les rideaux se tirent, si les battants s’ouvrent, qui permettra de l’apercevoir, de lui faire signe.

 Webographie http://www.lettres.ac-versailles.fr/spip.php?article831

Biographie

STAROBINSKI, Jean, « Fenêtres (de Rousseau à Baudelaire) », L’Idée de la ville, Actes du colloque international de Lyon, Champvallon, Seyssel, 1984

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